















Le programme d'un hôtel en site urbain est un formidable prétexte à la réflexion sur l'expérience -par le projet- des significations contemporaines complexes de l'architecture en tant qu'acte nécessaire, parfois brutal, toujours ambitieux. Il correspond à une demande réelle qui va en augmentant sur l'ensemble du globe. Tous, et de plus en plus, nous voyageons pour travailler, pour nous cultiver, pour nous reposer ou pour aller à la découverte de nouveaux mondes.
D'autre part, l'hôtel permet d'appréhender une série de couples d'oppositions ou de complémentarités qui doivent trouver des expressions architecturales et urbaines, à des niveaux de complexité différents. Par exemple, il est un havre de paix dans la frénésie du voyage, il représente le lieu mythique du repos du flâneur après ses débauches urbaines, il offre un toit au cyber-nomade, il accueille l'individu au sein du collectif de la ville, il propose de grands espaces communs et des cellules individuelles, il est classé par des étoiles à l'image de ses clients, à l'image des classes sociales.
De l'extrême codification de la typologie de l'hôtel, jusqu'à son décor prédéterminé selon l'exploitant de la chaîne hôtelière, il offre aussi un lieu d'expérience caricatural de l'exercice de projet, enserré entre la réponse à une demande, et l'inventivité créatrice de l'architecte. Il confronte en permanence les questions du standard, celles de la répétition et celles de la singularité.