








Pour l'ami
Sur le bord de la route de Saint-Jean-de-Matha, une plaque toute simple nous dit que l’Abbaye, c’est par là... La petite route serpente – des champs, la forêt, un stationnement – on descend. Un chemin dans la forêt, tout droit, les arbres ont été taillés pour qu’on voie le ciel au-dessus.
Une clairière, un long bâtiment bas, un jardin – l’accueil, notre cellule pour quelques jours. Ça s’annonce bien, tout est si calme, ordonné, immaculé – quelques oiseaux habitent le silence. La paix... déjà!
Pourtant, le chemin bute sur une grande porte. Derrière la porte, une clairière dans la forêt – grande, carrée, nette, baignée de lumière. Et là, on comprend qu’entre le monde et le monaste`re, il y a la forêt et que l’enceinte, c’est la forêt.
Une enceinte foisonnante, sillonnée de sentes e´troites dont on ne s’écartera pas. Comme une île au milieu de la grande clairière carrée : le monastère – de beaux grands volumes nus. Un des volumes déploie des ailes : l’église. Et au bout du chemin, tout près, une porte. C’est là!
Pour Le Frère
Le cloître, avec ses arches, cerne le préau, comme dans les belles abbayes de France, comme si on avait construit Conques, ou Sénanque ou Fontenay aujourd’hui. Un miroir d’eau regarde le ciel et fait palpiter la lumière. De l’eau, sortent deux grands pétales – ils s’ouvrent et se courbent pour devenir toit, ils s’ouvrent pour que la lumière qui palpite entre partout.
Le long du cloître, comme depuis toujours, la bibliothèque, le réfectoire, le chapitre, et l’église. En haut, les cellules au calme et la terrasse avec la vue. Deux grandes rampes pour y monter comme on marche, à son pas, sans perdre le fil de ses pensées. L’église est blanche, la lumie`re fait vivre ses murs – sa couleur marque les heures. Le vaisseau est sonore – on a envie de chanter, au milieu de la clairière, inondée de lumière, au cœur de la forêt.